Labels ISR, Greenfin, Finansol : le guide complet pour investir responsable (mis à jour 2026)
ISR, Greenfin, Finansol… Ces labels certifient les fonds d'investissement responsables, mais ils ne se valent pas tous. On fait le point sur leurs critères, leurs limites et les nouveautés 2024-2026, pour que vous sachiez exactement où va votre argent.
Les labels de la finance responsable permettent d’identifier plus facilement les fonds qui intègrent des critères environnementaux, sociaux ou de gouvernance (ESG). En France, les trois labels les plus connus sont ISR, Greenfin et Finansol. Mais quelle est leur différence, et peut-on vraiment s’y fier pour choisir un placement durable ?
Dans cet article, nous faisons le point sur les principaux labels de la finance responsable en France et en Europe, leurs critères, leurs limites et les points à vérifier avant d’investir.
L'essentiel en 30 secondes
Il existe trois grands labels de la finance responsable en France :
le label ISR (intégration de critères ESG dans les fonds),
le label Greenfin (finance verte dédiée à la transition écologique)
et le label Finansol (finance solidaire à impact social).
Chacun répond à une logique différente. Depuis la loi Pacte de 2019, tout contrat d'assurance vie multisupport doit en proposer au moins un de chaque. Voici comment les distinguer et comment les utiliser concrètement pour donner du sens à votre épargne.
Qu'est-ce qu'un label de finance responsable ?
Un label de finance responsable est une certification attribuée par un organisme indépendant à un fonds d'investissement qui respecte un ensemble de critères précis en matière environnementale, sociale ou de gouvernance. C'est une boussole pour les épargnants : il garantit que l'argent placé suit bien les engagements affichés, et protège contre le greenwashing.
Label, ESG, ISR : quelles différences ?
Ces trois termes sont souvent confondus. Voici leur distinction :
- ESG (Environnement, Social, Gouvernance) désigne une méthode d'analyse des entreprises selon des critères extra-financiers. Ce n'est pas un label.
- ISR (Investissement Socialement Responsable) est à la fois une approche d'investissement et un label d'État officiel en France depuis 2016.
- Un label (ISR, Greenfin, Finansol…) est une certification officielle accordée à un fonds par un tiers indépendant, après audit.
En résumé : tous les fonds labellisés ISR intègrent des critères ESG, mais tous les fonds ESG ne sont pas labellisés ISR.
À quoi servent vraiment ces labels ?
Les labels remplissent trois rôles concrets :
- Identifier facilement les fonds responsables parmi les milliers de produits disponibles sur le marché.
- Éviter le greenwashing, en imposant des critères vérifiés par des auditeurs indépendants.
- Orienter l'épargne vers des activités utiles à la société ou à l'environnement, conformément aux objectifs climatiques et sociaux de la France et de l'Europe.
Les 3 labels français à connaître
Le label ISR : l'investissement socialement responsable
Le label ISR est aujourd’hui le label le plus connu et le plus répandu. C’est un label d'État qui a été lancé en 2016 par le Ministère de l'Économie et des Finances. Ce label cherche à reconnaitre les fonds qui concilient performance économique et gestion responsable, en prenant en compte des critères extra-financiers (environnementaux, sociaux et/ou de gouvernance) dans les décisions d’investissement.
Comment un fonds obtien-il le label ISR ?
Pour obtenir le label ISR, il faut réunir trois conditions et être certifié par des organismes externes et indépendants (Afnor, Deloitte et EY France) :
- Définition et mise en place d’une méthodologie de notation des entreprises sur les aspects ESG (Environnement, Social, Gouvernance) dans la sélection des portefeuilles.
- Transparence des gérants et gérantes qui doivent être en mesure d’expliquer leurs choix d’investissement à tout moment et de communiquer ces informations, même au grand public.
- Mise en place de l’évaluation des impacts positifs sur la société ou l’environnement des entreprises financées.
- Mesurer les impacts positifs obtenus sur la société et l'environnement.
- Réaliser des audits annuels par l'un des trois organismes accrédités : Afnor Certification, EY France et Deloitte.
La labellisation est accordée pour trois ans, avec un contrôle annuel.
La réforme majeure de 2024 : ce qui a changé
Le 1er mars 2024 a marqué un tournant. Face aux critiques sur le manque de rigueur du label, le gouvernement a lancé une refonte complète du référentiel.
Les principales nouveautés :
- Exclusion des énergies fossiles : les fonds ISR ne peuvent plus investir dans des entreprises qui exploitent du charbon ou des hydrocarbures non conventionnels, ni dans celles qui lancent de nouveaux projets d'exploration ou d'exploitation pétrolière. Cette règle est entrée pleinement en vigueur au 1er janvier 2025.
- Double matérialité obligatoire : les fonds doivent désormais analyser à la fois l'impact de l'environnement sur l'entreprise et l'impact de l'entreprise sur l'environnement.
- Sélectivité renforcée : les 30 % d'entreprises les moins performantes en matière d'ESG sont exclues de l'univers d'investissement.
- Alignement Paris : dès 2026, 15 % des portefeuilles devront être investis dans des secteurs à fort impact avec des plans de transition alignés sur l'Accord de Paris.
Cette réforme a entraîné la perte du label pour 403 fonds. Signe que le label a durci ses exigences, ce qui est plutôt une bonne nouvelle pour les épargnants.
Le label ISR en chiffres (2026)
- 1 045 fonds labellisés en France début 2026 (dont 447 fonds actions, 192 fonds immobiliers, 164 fonds obligataires).
- Plus de 800 milliards d'euros d'encours.
- 1er label de finance durable en Europe selon le panorama Novethic 2025.
- Géré par 208 sociétés de gestion, dont Amundi (1er en encours) et la Banque Postale (1ère en nombre de fonds).
Le label Greenfin
Le label Greenfin a pour objectif de mobiliser une partie de l’épargne au bénéfice de la transition énergétique et écologique. Il a été créé par le ministère de la Transition Ecologique et Solidaire en 2015 suite à la COP 21. Le label Greenfin garantit que les entreprises sélectionnées dans les fonds contribuent effectivement à la transition écologique et énergétique. Les activités liées à l’exploitation de combustibles fossiles, la filière nucléaire ou l’incinération/enfouissement de déchets sans récupération d’énergie sont par exemple exclus.
Comment un fonds obtient-il le label Greenfin ?
Un fonds doit respecter quatre catégories de critères :
- Une part verte significative : au moins 75 % des actifs investis dans des éco-activités référencées (énergies renouvelables, efficacité énergétique, bâtiments à faible empreinte carbone, transports propres, agriculture durable, gestion de l'eau, gestion des déchets, adaptation au changement climatique).
- Des exclusions sectorielles strictes : sont exclus les combustibles fossiles (pétrole, charbon, gaz), l'incinération et l'enfouissement de déchets sans récupération d'énergie.
- Une gestion des controverses ESG : les entreprises impliquées dans des scandales environnementaux ou sociaux sont écartées.
- La mesure de l'impact environnemental du fonds sur l'ensemble de son portefeuille.
Les audits sont réalisés par trois organismes : Afnor Certification, EY France et Novethic. La labellisation est accordée pour un an, renouvelable. Retrouvez le référentiel Greenfin mis à jour en 2026 sur le site du Ministère.
Le label Greenfin en chiffres (2025)
- 108 fonds labellisés début 2025.
- 35 milliards d'euros d'encours.
- Nouveau référentiel entré en vigueur le 1er janvier 2025, intégrant la taxonomie européenne.
Le label Finansol
Le label Finansol est le pionnier : il a été créé dès 1997, soit presque 20 ans avant le label ISR. Son objectif est radicalement différent des deux autres : il ne s'agit pas d'investir dans des grandes entreprises cotées en bourse selon des critères responsables, mais de financer directement des projets solidaires non cotés à fort impact social et environnemental.
Concrètement, les fonds labellisés Finansol fonctionnent majoritairement selon un principe dit "90/10" ou "85/15" : 90 à 95 % des actifs sont investis sur les marchés financiers classiques, et 5 à 15 % dans des entreprises solidaires non cotées (accès à l'emploi, logement très social, insertion, agriculture biologique, microfinance internationale, commerce équitable…).
À noter : L'association Finansol a fusionné en 2021 avec l'iiLab (Laboratoire d'innovations sur l'impact) pour former FAIR (Finance à Impact social). Le nom du label reste toutefois "label Finansol". Par ailleurs, depuis juillet 2024, le label Finansol bénéficie d'une reconnaissance officielle de l'État, au même titre que les labels ISR, Greenfin et CIES.
Comment un fonds obtient-il le label Finansol ?
Le comité du label, composé d'experts indépendants issus des secteurs associatif, financier, syndical et académique, évalue chaque candidature selon trois critères principaux :
- Critère de solidarité : une part significative des actifs (5 à 15 % selon le type de fonds) doit financer des activités solidaires à fort impact social ou environnemental, ciblant des personnes ou territoires dont les besoins essentiels sont mal satisfaits.
- Critère de transparence : les épargnants doivent être informés régulièrement et clairement de l'impact réel de leur épargne.
- Critère de gestion durable (depuis 2025) : la partie non solidaire du fonds doit respecter des exclusions sectorielles et normatives strictes.
La labellisation est renouvelée chaque année après contrôle.
Les nouveautés 2025 du label Finansol
À compter du 1er janvier 2025, le règlement du label a été renforcé :
- Les fonds "90/10" doivent désormais appliquer des exclusions sectorielles strictes sur la partie cotée (tabac, armements, énergies fossiles).
- Les fonds solidaires doivent être composés d'au moins 50 % de titres ESUS (Entreprises Solidaires d'Utilité Sociale) ou d'entreprises sociales européennes.
- La preuve de l'impact est renforcée : intentionnalité, additionnalité et mesure des résultats.
Le label Finansol en chiffres (2025)
- Plus de 190 produits labellisés en 2025.
- 29,4 milliards d'euros d'encours fin 2024 (+7 % sur un an).
- 65 000 emplois créés ou consolidés grâce à la finance solidaire en 2024.
- 739 millions d'euros de financement solidaire générés en 2024 (+8 %).
- 38 % des encours fléchés vers des projets de transition écologique en 2024.
La liste officielle et à jour des fonds labellisés ISR est disponible sur lelabelisr.fr. Pour Greenfin, sur le site du ministère de la Transition Écologique. Pour Finansol, sur finance-fair.org.
Tableau comparatif : ISR vs Greenfin vs Finansol
| Critère | Label ISR | Label Greenfin | Label Finansol |
|---|---|---|---|
| Objectif | Intégration ESG généraliste | Finance verte (transition écologique) | Finance solidaire (impact social) |
| Créé en | 2016 | 2015 | 1997 |
| Par | Ministère de l'Économie | Ministère de la Transition Écologique | Association FAIR |
| Exclusions | Fossiles, charbon, non conventionnels (depuis 2024) | Fossiles, incinération (nucléaire réintégré en 2024) | Tabac, armes, fossiles (depuis 2025) |
| Organismes certificateurs | Afnor, EY France, Deloitte | Afnor, EY France, Novethic | Comité indépendant FAIR |
| Durée de labellisation | 3 ans (audits annuels) | 1 an (renouvelable) | 1 an (renouvelable) |
| Nombre de fonds (2025-26) | ~1 045 fonds | 108 fonds | +190 produits |
| Encours | ~800 Mds € | 35 Mds € | 29,4 Mds € |
| Véhicules éligibles | OPCVM, FIA, SCPI, OPCI | Fonds cotés et non cotés, SCPI | Livrets, assurance vie, fonds, épargne salariale |
| Reconnaissance légale | Oui (loi Pacte 2019) | Oui (loi Pacte 2019) | Oui (juillet 2024) |
Peut-on cumuler plusieurs labels ?
Oui, et c'est même assez fréquent. Un fonds peut obtenir simultanément plusieurs labels s'il en respecte les critères respectifs. Quelques exemples concrets :
- Un fonds peut être à la fois ISR et Greenfin s'il intègre des critères ESG larges et investit majoritairement dans des éco-activités.
- Un fonds peut être à la fois ISR et Finansol s'il respecte les critères ESG et inclut une poche solidaire de 5 à 10 %.
- Certains fonds cumulaient les trois labels, bien que cela soit de plus en plus difficile avec le renforcement des critères de chacun.
Conseil pratique : un fonds cumulant ISR + Greenfin est généralement plus exigeant sur les critères environnementaux qu'un fonds ISR seul. Un fonds cumulant ISR + Finansol garantit à la fois une approche ESG rigoureuse et un financement direct de l'économie solidaire.
Comment investir concrètement avec ces labels ?
Via une assurance vie
C'est le canal le plus accessible pour la majorité des épargnants français. Depuis la loi Pacte de 2019, chaque contrat d'assurance vie multisupport est obligatoirement tenu de proposer au moins :
- Un fonds labellisé ISR
- Un fonds labellisé Greenfin
- Un fonds labellisé Finansol
Vous pouvez flécher vos versements vers ces fonds lors de la souscription ou demander une réorientation en cours de vie du contrat. La disponibilité concrète des fonds varie selon les assureurs.
Via un Plan d'Épargne Retraite (PER)
Les PER individuels et collectifs proposent également des fonds labellisés ISR, Greenfin ou Finansol parmi leurs unités de compte. L'épargne salariale solidaire représentait 16,3 milliards d'euros d'encours en 2024, soit 8 % de l'épargne salariale française totale.
Via un Plan d'Épargne en Actions (PEA) ou un compte-titres
Les fonds labellisés ISR sont également accessibles en direct via un PEA ou un compte-titres ordinaire, auprès de la plupart des courtiers en ligne.
Via un livret d'épargne solidaire
Le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) finance directement des projets de l'économie sociale et solidaire. Certaines banques proposent également des livrets spécifiquement labellisés Finansol (comme le livret de la NEF ou certains livrets du Crédit Coopératif).
Important : les labels ne garantissent pas la performance financière. Comme pour tout placement, le risque de perte en capital dépend des marchés et de la nature du fonds. Un fonds ISR peut perdre de la valeur. La sélection d'un fonds responsable ne dispense pas d'analyser son profil de risque, ses frais et ses performances historiques.
Les principaux labels en Europe
Si le label ISR est le premier label de finance durable en Europe, d'autres labels nationaux existent dans les pays voisins et peuvent être rencontrés dans le cadre d'investissements européens.
Le label LuxFlag
La Luxembourg Finance Labelling Agency (LuxFLAG) est “une association indépendante créée en 2006 au Luxembourg par des agents publics et privés (le gouvernement luxembourgeois, la banque européenne d’investissement et le Luxembourg Stock Exchange)”. L’idée portée par ce label est évidemment de favoriser des entreprises responsables mais aussi de promouvoir les différents secteurs de l’investissement durable (microfinance, environnement, ESG, lutte contre le changement climatique, etc.).
Towards Sustainability (Belgique) : 468 fonds pour 375 milliards d'euros d'encours fin 2024. Deuxième label européen en volume, aligné sur la réglementation SFDR et la taxonomie verte.
LuxFlag (Luxembourg) : 124 fonds pour 71 milliards d'euros. Créé en 2006, il couvre ESG, environnement, microfinance et lutte contre le changement climatique. Valable 12 mois.
Nordic Swan (Scandinavie) : label écologique pionnier, créé en 1989. Exigences environnementales très strictes sur l'ensemble du cycle de vie des produits.
FNG-Siegel (Allemagne, Autriche, Suisse) : créé en 2015, basé sur les principes du Pacte mondial des Nations Unies. Exclusions strictes (charbon, armements, nucléaire).
Umweltzeichen (Autriche) : label écologique autrichien excluant armes, tabac, OGM et entreprises violant des droits fondamentaux.
Au total, près de 1 500 fonds européens étaient labellisés fin 2024 pour un encours de 751 milliards d'euros (source : panorama Novethic 2025).
La réglementation européenne : SFDR et Taxonomie verte
SFDR : La Sustainable Finance Disclosure regulation
La réglementation SFDR (Sustainable Finance Disclosure Regulation) est un règlement européen créé en mars 2021, qui “vise à fournir plus de transparence sur les caractéristiques environnementales et sociales au sein des marchés financiers”. Il vise à une uniformisation des pratiques en Europe, en favorisant “la transparence des produits financiers durables distribués en Europe grâce à un cadre clair et défini”.
De nouvelles normes et obligations communes sont ainsi créées en termes de reporting et 3 catégories de produits sont définies selon leur niveau d’engagement sur les critères ESG :
- “Article 6 : le produit n’a pas de caractère ESG spécifique ;
- Article 8 : le produit fait la promotion de caractéristiques environnementales ou sociales, ou une combinaison de ces caractéristiques, pour autant que les sociétés dans lesquelles les investissements sont réalisés appliquent des pratiques de bonne gouvernance ;
- Article 9 : le produit a un objectif environnemental et/ou social”.
Ainsi, des fonds engagés peuvent prétendre à être classés article 8 ou article 9 selon leur niveau d’engagement social et / ou environnemental. Comme pour d’autres, l’idée est à la fois d’orienter les capitaux vers des produits responsables tout en évitant le greenwashing grâce à un cadre commun.
La Taxonomie des activités vertes
La Taxonomie européenne est un système de classification des activités économiques considérées comme "vertes". Pour qu'une activité soit classée comme telle, elle doit contribuer à au moins un des six objectifs environnementaux européens (atténuation du changement climatique, adaptation, eau, économie circulaire, pollution, biodiversité), ne pas nuire aux cinq autres, et respecter des garanties sociales minimales.
Son principal débat : l'inclusion du gaz naturel et du nucléaire comme activités "de transition", décidée en 2022 par le Parlement européen. Une décision politique qui divise profondément la communauté de l'investissement responsable.
Les limites et critiques des labels
Il serait malhonnête de présenter les labels comme une garantie absolue. Ils ont des limites réelles, et les connaître vous permettra d'investir de façon plus éclairée.
Le label ISR est-il vraiment fiable ?
Le label ISR a longtemps été critiqué pour son manque de sélectivité. Des fonds incluant TotalEnergies, des producteurs d'armes ou des entreprises aux pratiques sociales discutables avaient pu obtenir le label. C'est précisément pourquoi la réforme de 2024 a été lancée pour "redonner au label la crédibilité qu'il avait perdue", selon les termes de l'Inspection générale des finances.
La réforme a eu un effet concret : 403 fonds ont perdu leur label. Les exigences sont désormais plus strictes. Mais le label ISR reste généraliste : il n'impose pas d'investir dans des activités "vertes" ou "solidaires", seulement de sélectionner les meilleures entreprises selon des critères ESG au sein de chaque secteur. Un fonds ISR peut toujours investir dans le secteur pétrolier, tant que les entreprises sélectionnées sont les "meilleures élèves" de leur secteur sur les critères ESG.
Comment détecter le greenwashing malgré les labels ?
Quelques questions à se poser avant d'investir dans un fonds labellisé :
- Quel est le label obtenu, et depuis quand ? Un label Greenfin est plus exigeant sur les critères environnementaux qu'un label ISR.
- Le fonds est-il classé SFDR Article 8 ou Article 9 ?
- Quels secteurs sont présents dans le portefeuille ? (Consultez les rapports annuels du fonds)
- Quelle est la part des énergies fossiles dans le portefeuille ?
- Le fonds publie-t-il ses indicateurs d'impact annuellement ?
Un nouveau venu en France ?
Le label Relance
Suite à la crise sanitaire, un nouveau label, le label Relance, a été créé en octobre 2020 par le ministère de l’Economie, des Finances et de la Relance en France. Dans une logique de soutien à la relance économique du pays, ce label vise à identifier des fonds qui orientent l’épargne vers le financement des PME et ETI en France. La raison pour laquelle ce label a des liens avec la finance engagée, est qu’au delà de la dimension “française” de la sélection, celle-ci doit également prendre en compte des critères ESG. À suivre !
Ces labels, malgré leur ancienneté pour certains, sont encore peu connus du grand public. Ils sont principalement un outil pour les investisseurs et investisseuses qui leur permet d’identifier et de sélectionner des placements durables, solidaires ou encore responsables facilement et en toute confiance. L’objectif est aussi d’éviter le greenwashing et d’assurer un socle commun de règles (level playing field). En tous cas sur le papier.
On pense notamment aux débats sur la Taxonomie verte au niveau européen, avec la question de l’inclusion ou non du gaz et du nucléaire dans les activités considérées comme “vertes”.
En effet, les labels n’ont pas tous le même niveau d’exigence dans leur sélection, et certains comprennent des limites non négligeables.
En tous cas, ils dessinent un chemin vers une finance qui se doit d’être plus transparente et plus engagée, pour réorienter ses flux vers la transition écologique !
FAQ : Questions fréquentes sur les labels de la finance responsable
Quelle différence entre ISR et ESG ?
L'ESG est une méthode d'analyse des entreprises selon des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance. C'est un outil. L'ISR est à la fois une approche d'investissement et un label officiel. Tous les fonds labellisés ISR utilisent des critères ESG, mais un fonds "ESG" n'est pas nécessairement labellisé ISR.
Quel label choisir pour investir responsable ?
Cela dépend de vos priorités. Si vous souhaitez un impact environnemental fort, privilégiez le Greenfin. Si vous voulez financer directement des projets solidaires (emploi, logement social, insertion), optez pour Finansol. Si vous cherchez une approche globale et un large choix de fonds, l'ISR est le plus accessible. Le cumul de labels est possible et souvent gage de plus grande exigence.
Peut-on avoir un fonds à la fois ISR et Greenfin ?
Oui. Un fonds peut cumuler les deux labels s'il respecte les critères de chacun. C'est même un gage de plus grande exigence, surtout sur le volet environnemental.
Puis-je perdre de l'argent avec un fonds labellisé ?
Oui. Les labels ne sont pas une garantie de rendement ou de capital. Comme pour tout placement en unités de compte, la valeur du fonds peut baisser en fonction des marchés. Le label atteste de la démarche responsable, pas du niveau de risque financier.
Sources : Site officiel du label ISR (lelabelisr.fr), ministère de la Transition Écologique, FAIR/Finansol (finance-fair.org), Novethic panorama des labels européens 2025, Baromètre de la finance solidaire FAIR & La Croix 2025, économie.gouv.fr, étude Epsor 2025.