Souvent présentés comme des énergies « de transition », le pétrole et le gaz restent au cœur des financements mondiaux. Green-Got détaille ici sa politique d'exclusion de leur expansion, pour réorienter la finance vers la sortie des fossiles et tenir l'objectif des +1,5 °C.

Chaque jour, le monde consomme 16 milliards de litres de pétrole et 11 milliards de m³ de gaz, surtout pour les transports, la chaleur et l'électricité. Le pétrole émet environ 700 g de CO₂e par kWh, moins que le charbon, mais assez pour peser lourdement sur le climat. Le gaz, lui, voit ses réserves concentrées dans seulement trois pays : la Russie (27 %), l'Iran (15 %) et le Qatar (14 %).

Or le pétrole et le gaz ne sont pas des énergies de transition : atteindre nos objectifs climatiques impose d'en sortir totalement. Et qu'on l'anticipe ou non, ils vont se raréfier, le BP Statistical Review of World Energy 2020 estime qu'il reste environ 53,5 ans de pétrole et 48,8 ans de gaz au rythme actuel.

Pourtant, une hausse de production de +7 % est prévue en 2024, alors qu'il faudrait la réduire de 4 % par an pour le pétrole et 3 % pour le gaz. Selon le GIEC, leur sortie est exigée dès 2040 dans l'OCDE, et au plus tard en 2050 ailleurs. C'est le rôle des banques de cesser de financer cette expansion.

Nos objectifs

Depuis sa création, Green-Got a pour ambition de réorienter les flux financiers aujourd'hui massivement dirigés vers les énergies fossiles, vers la transition écologique et énergétique.

Membre de la Fossil Free Alliance, nous avons pour objectif de contribuer à l'atténuation des émissions de gaz à effet de serre en évitant l'émission d'au moins 3 millions de tonnes de CO₂e d'ici à 2028. Cela passe par une politique d'exclusion ambitieuse des énergies fossiles, dont le pétrole et le gaz.

Nos objectifs sont ancrés dans les exigences de l'AIE : pour respecter les 1,5 °C de réchauffement, plus aucun nouveau projet fossile ne doit voir le jour.

Périmètre de la politique

Les engagements de cette politique s'appliquent à tous les financements et investissements réalisés par Green-Got, via ses produits d'épargne actuels ou futurs, relatifs au secteur du pétrole et du gaz.

Entrée en vigueur : Cette politique est applicable à partir du 1er janvier 2024 et sera revue chaque année pour contribuer au mieux à une sortie du pétrole et du gaz.

Nos engagements

  • Nous ne soutenons directement aucun projet pétrolier ou gazier (extraction, centrales thermiques, transport, raffinage) via des financements.
  • Nous excluons les entreprises qui développent de nouveaux projets pétroliers ou gaziers upstream conventionnels et non conventionnels, ainsi que midstream, listées dans la Global Oil & Gas Exit List (GOGEL).
  • Nous excluons toute entreprise exposée aux pétroles et gaz non conventionnels, sables bitumineux, pétroles et gaz de schiste, exploration en Arctique (seuil de 0 %).
  • Nous appliquons un seuil d'exclusion de 5,5 % au niveau des portefeuilles pour l'exposition aux entreprises du secteur pétrogazier hors activités déjà exclues par cette politique.
  • Nous nous appuyons sur les recommandations de l'AIE et de Reclaim Finance pour engager la sortie du pétrole et du gaz.
  • Nous effectuons une revue trois fois par an de la conformité de nos fonds à cette politique, et sortons ceux qui n'y seraient plus conformes.

En créant les fonds Green-Got, nous sommes allés encore plus loin : 0 % d'exposition aux fossiles et 0 développeur fossile (listes GCEL et GOGEL, green bonds inclus).

Seuils d'exclusion au niveau des portefeuilles

Comment lire ce tableau ?

Extraction de sables bitumineux : nous excluons strictement cette énergie fossile non conventionnelle, comme l'ensemble des non conventionnels (schiste, Arctique).

Part fossile (Fossil shares) : elle correspond à la partie downstream de la chaîne de valeur fossile (production d'électricité à partir de fossiles). Nous y appliquons un seuil pour pouvoir soutenir des énergéticiens qui transitionnent vers des énergies décarbonées.

Pourquoi un seuil de 5,5 % ? Ce chiffre peut sembler élevé, mais il correspond à l'exposition à des entreprises comme Ørsted. Cet énergéticien danois produisait déjà 90 % de son électricité à partir d'énergies renouvelables en 2021, et visait 99 % en 2025. C'est pour ne pas pénaliser ce type d'entreprises le temps de leur transition que nous fixons ce seuil à l'échelle des portefeuilles.