L'empreinte carbone d'une banque correspond presque entièrement à ses émissions financées : les gaz à effet de serre des entreprises et des projets qu'elle finance par ses crédits, ses actions et ses obligations, et non à son fonctionnement interne (bureaux, déplacements, serveurs), qui pèse généralement moins de 1 % du total.

Cette distinction explique pourquoi on lit parfois qu'une grande banque "émet" davantage qu'un pays entier, et pourquoi cette affirmation, aussi spectaculaire soit-elle, ne dit rien de l'empreinte d'un compte courant ou d'un livret pris individuellement. Une étude des Amis de la Terre France et d'Oxfam France fait état d'une empreinte carbone des banques françaises 4,5 fois plus élevée que celle de la France entière (données 2019).

C’est face à ce constat qui a fait naître aujourd’hui Green-Got. Notre futur à très court terme est menacé et ce (en partie) à cause des choix d’investissements des banques faits avec notre propre argent. Avec Green-Got changez la finance et reprenez la main grâce à des investissements permettant la transition écologique et la reforestation.

La finance, premier pollueur mondial.

Selon le rapport « Banking on Climate Change », publié par une coalition d'ONG dont Rainforest Action Network, les banques ont financé les industries du charbon, du pétrole et du gaz dans le monde entier à hauteur de 1 900 milliards de dollars entre 2016 et 2018, et ce, malgré les Accords de Paris signés en 2015 fixant un objectif de limitation du réchauffement climatique à +1,5°C à horizon 2100. Les banques françaises ne sont pas en reste, puisqu’elles ont financé ces industries à hauteur de 128 milliards d’euros en 3 ans.

Les émissions de CO2 cachées de la France.

Selon les données du Global Carbon Project, la France apparaît comme un pays plutôt vertueux, n’étant responsable que d’1% des émissions de CO2 mondiales. Malheureusement, ces études ne prennent en compte que les émissions intervenant sur le territoire français et ne comptabilisent pas celles liées aux investissements réalisés à l‘étranger avec l’argent des Français.

L’ONG Oxfam a calculé que les financements accordés aux industries des énergies fossiles par les banques françaises sont responsables de l’émission de 2 milliards de tonnes de CO2 par an. C’est-à-dire près de 4,5 fois plus que les émissions ayant lieu directement sur le territoire français.

Que font les banques de notre argent ?

Les banques sont indispensables à notre économie actuelle, elles font circuler l’argent entre les demandeurs ayant un projet, et les prêteurs qui disposent d’une épargne. Cet échange se fait contre rémunération : un taux d’intérêt.

Le problème pour la planète n’est pas l’activité bancaire en elle-même, mais les projets financés par les banques. À court terme, les processus à l’origine de la production des énergies fossiles sont les plus rentables financièrement et sont donc favorisés par les banques pour maximiser leurs bénéfices.

Les différents comptes des clients (comptes épargne Assurance Vie, PEL ou PEA, mais aussi le compte courant), sont principalement utilisés pour financer des acteurs importants de l’industrie du pétrole ou du charbon, le plus souvent sous la forme d’actions ou d’obligations. Les banques en tirent généralement des intérêts élevés, avec un risque de perte considéré comme faible. La complexité des différentes solutions d’investissement et la multiplicité des acteurs rendent toute lecture difficile. Ainsi, peu de clients savent vraiment ce qui est fait de leur argent.

Nos comptes bancaires, notre principale source d’émission de CO2.

Aujourd’hui, il semble admis pour une grande majorité que certaines de nos activités sont nocives pour le climat : surconsommation de viande, consommation de produits importés de loin, voyages en avion et en voiture de plus en plus longs et fréquents…etc. Cependant les mentalités s’éveillent : une étude fait état de 40% des Français se déclarant « fléxitarien » (c’est-à-dire diminuant leur consommation de viande) et des mouvements planétaires comme le « Flygskam » (littéralement « la honte de prendre l’avion » en suédois) se répandent.

Cependant, tous ces mouvements ignorent pour l’instant l’origine de notre principale source d’émission de CO2 : celle des banques, celle de nos comptes bancaires. Ainsi, en 2018, 1€ sur un compte à la Société Générale émettait indirectement 390 grammes de CO2 par an. Pour la BNP ce même euro équivalait à 383 grammes de CO2 (chiffre de l’étude OXFAM 2019). On compte aussi aujourd'hui 425 projets que l’on appelle des bombes climatiques et qui ont besoin de financements des banques pour être réalisés. Ce sont des projets d’infrastructures fossiles qui pourraient conduire à un réchauffement du climat incontrôlable.

Le plus connu est le projet EACOP (Eastern African Crude Oil Pipeline). Le géant pétrolier français TotalEnergies et la China National Offshore Oil Corporation sont sur le point de construire un gigantesque oléoduc de pétrole brut chauffé en plein cœur de l'Afrique, déplaçant des communautés et mettant en danger la faune et la flore. Selon les estimations, ce projet émettrait entre 33 et 34 millions de tonnes de CO2 par an, soit, selon la méthode et le périmètre retenus, de 6 à 30 fois les émissions annuelles de ces pays. L'argent de nos comptes en banque peut être utilisé pour financer ce type de projet.

Beaucoup d’entre nous sont donc prêts à faire des efforts et des sacrifices sur leur confort quotidien… mais oublient d’agir sur leur principal levier, celui qui ne leur demanderait pourtant aucun effort supplémentaire ni sacrifice financier : leur compte en banque.

Les banques ne devraient pas être le problème mais la solution.

Si les banques sont aujourd’hui en grande partie responsables du problème climatique, nous pensons chez Green-Got qu’elles peuvent et qu’elles doivent devenir, dans le contexte actuel, la solution.

Les infrastructures nécessaires à la transition : isolation thermique, transports en commun, énergie décarbonée, agriculture responsable… ont besoin de lourds investissements financiers mais ne seront rentables financièrement que sur le long terme. Selon les estimations de la Commission européenne, les besoins de financement pour la transition écologique à l'échelle européenne s'élèvent à environ 260 milliards d'euros par an (estimation resserrée aux objectifs climatiques 2030), voire 662 milliards d'euros par an en tenant compte des infrastructures sociales et de transport ; le montant pour la France seule reste à sourcer précisément. Cet argent, il existe déjà, c’est celui que nos banques prêtent aux industries polluantes.

Il est temps de réorienter notre argent vers une économie plus vertueuse pour notre environnement et pour nous-mêmes : un choix qui n’aura aucun impact sur les habitudes de l’usager (service gratuit, même rémunération des comptes...) et pourtant un si grand impact sur l’avenir de notre écosystème.